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BREVE
DESCRIPTION DE l'UAI*
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"Par
le mot Union ils affirment les Sir Eric Tuner L'Union
Académique Internationale (UAI) fut fondée en 1919 à
l'initiative de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Des projets de status furent élaborés par une assemblée
tenue à Paris en mai 1919, puis revus et adoptés lors d'une
seconde Assemblée réunie également à Paris,
du 15 au 18 octobre 1919.
Pour ce faire, l'UAI constitue une fédération d'Académies ou de groupes d'Académies à caractère national, ou encore des institutions scientifiques nationales qui leur sont comparables, créée pour une coopération internationale dans des projets collectifs et par une coordination d'activités scientifiques. La tendance à une pensée commune et une étude collective des grands problèmes de la nature et de l'humanité est aussi ancienne que l'Académie, c'est à dire l'Académie de Platon. Dans les dialogues de Platon, c'est toujours un groupe de penseurs, les disciples de Socrate ou ses adversaires, qui tentent de répondre à une question importante par un effort commun, en discussions souvent passionnées. Le caractère international ne fait certes pas défaut à l'Académie de Platon: parmi ses disciples se trouvent des Perses. C'est ensuite à l'école d'Aristote que la recherche commune s'est poursuivie. Ainsi, l'UAI suit une ancienne et noble tradition de recherche collective nce à l'Académie de Platon. De 15 en 1920, le nombre de pays où l'UAI compte des affiliés est monté aujourd'hui à 39. Pour atteindre ses buts, l'UAI a constitué les organes suivants: Bureau, Secrétariat administratif, Assemblée générale, Commissions savantes, Sections, Commission des Affaires Internes, Commissions des Comptes et Finances, Commissions ad hoc pour les travaux nouveaux ou exceptionnels. Grâce à ces organes (dont les droits et les devoirs sont définis par les Statuts et Règlement), l'UAI a créé des entreprises collectives qui portent, presque sans exception, sur la recherche fondamentale (éditions critiques et en fac similé de textes littéraires et philosophiques, collections de documents et de matériaux archéologiques, atlas linguistiques et archéologiques, lexiques, dictionnaires, catalogues). Du point de vue de leur situation au sein de l'UAI, les projets sont classés par le Règlement (articles 5 7) en trois catogories: Catégorie A. Entreprises dirigées par une Académie membre. Elles doivent cependant être approuvoes par l'Assemblée générale de l'UAI pour obtenir le patronage. L'Académie membre nomme un directeur aidé par un Comité international, qui doit être approuvé par l'UAI. Un rapport annuel doit être soumis à l'Assemblée générale de l'UAI. Le financement est assuré par l'Académie membre, l'UAI n'assumant qu'une responsabilité scientifique qu'elle peut sanctionner par une aide financière, dans certains cas justifiés et selon ses possibilités. Catégorie B. Entreprises dirigées par l'UAI, laquelle assume la gestion scientifique et financière, désigne le directeur et approuve le Comité international. Un rapport annuel doit être soumis à l'Assemblée générale de l'UAI. La recherche et les publications qui s'ensuivent sont financces par l'UAI selon ses possibilités. Catégorie C. Entreprises patronnées par l'UAI. Elles sont proposées par une ou plusieurs Académies. L'UAI accorde sont patronage sans aucun engagement financier. L'Académie membre désigne le directeur, organise le travail et assure les finances. Un rapport annuel doit être soumis à l'Assemblée générale de l'UAI. Les Académies membres participant à des projets dans n'importe quelle catégorie financent leur propre recherche et couvrent les frais de leurs propres publications dans le cadre du projet concerné. L'organisation des projets peut suivre divers modèles. En général, le directeur du projet (nommé par une Académie membre pour les Catégories A et C, et par l'UAI elle même pour la Catogorie B) peut être aidé par un Comité international représentant les Académies membres intéressées par le projet concerné. Parfois, le Comité international peut avoir le caractère et la fonction d'un Comité de rédaction. De plus, pour la promotion du projet, des Comités nationaux peuvent être constitués dans les pays participants. Le nombre de projets adoptés par l'UAI était de trois en 1920. Jusqu'à la seconde guerre mondiale, on observe une lente progression (13 projets en tout furent adoptés). Aujourd'hui, le nombre de projets en cours s'élève à 51. L'initiative d'un projet ne peut être prise que par une Académie membre de l'UAI (par la voix de son délégué mandaté à cet effet) ou par le Bureau même de l'UAI. Les principales conditions de l'UAI pour l'adoption d'un projet nouveau sont les suivantes: Toute proposition doit contenir la mention précise du sujet, l'exposé des motifs, le plan du travail, l'estimation des dépenses et la responsabilité financière pour sa réalisation. Le projet doit établir et maintenir un haut niveau scientifique et présenter un caractère et un intérêt internationaux. L'UAI ne peut réaliser ses projets que par la coopération internationale de ses Académies membres. De ce fait, les diverses formes et possibilités de coopération sont importantes pour son développement. Si la participation peut être considérée comme un acte juridique du chef du Président, du Secrétaire Général ou du Bureau d'une Académie membre, elle peut aussi être vue comme un fait concret. Les cas de coopération suivants peuvent se présenter: a) Une Académie
membre dirige un projet dans toutes ses conséquences (elle nomme
le directeur, assure les finances et la coopération internationale,
etc.). De plus, une coopération internationale existe non seulement entre Académies membres au sein de l'UAI, mais aussi entre l'UAI d'un côté, et les grandes organisations internationales tels le CIPSH, l'UNESCO et les associations internationales interdisciplinaires, de l'autre. L'UAI a participé à la création du CIPSH (Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines auprès de l'UNESCO) en 1949 et, depuis lors, plusieurs projets de l'UAI ont reçu une aide financière du CIPSH. Quelques projets nouveaux ont été adoptés à l'initiative du CIPSH et de l'UNESCO, lesquels allouent quelques subventions. Pour être modeste, le budget scientifique de l'UAI n'en remplit pas moins une fonction importante: il est tel la pointe de l'iceberg dont la plus grande partie est invisible dans la mer. C'est ainsi que ce budget ne représente qu'une infime fraction de la somme dépensce par les Académies membres, institutions, centres de recherche et universités pour leurs projets. Son effet, cependant, est d'importance vitale: bien que ce soit avant tout une caution de qualité fort recherchée que confère le patronage de l'UAI, son budget sert à stimuler et à mobiliser les recherches rattachées à son domaine d'activité, à travers tout le monde scientifique. L'activité scientifique de l'UAI n'a jamais été restreinte à l'étude de la culture européenne. Sur les 13 projets adoptés jusqu'en 1935, trois concernaient des cultures extra européennes: l'Indonésie, le Japon et le monde islamique. Depuis, l'horizon scientifique des projets de l'UAI s'est substantiellement élargi et comprend actuellement, à côté des cultures du Proche Orient ancien et de l'Amérique précolombienne, des projets concernant l'Iran, l'Inde, la Chine, l'Asie centrale, l'Afrique noire et la région du Pacifique. Ainsi, l'UAI remplitelle une très importante et noble fonction: étudier, préserver et rendre accessibles tous les éléments de valeur de la culture que l'humanité a créée jusqu'ici. Cette tâche s'accomplit dans un domaine infini de recherches qui reste, cependant, à conquérir. |
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* Ce texte est la mise à jour de celui de M. J. Harmatta, publié en décembre 1987 (Manuel, pp. 6-9)
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