Union Académique Internationale

Sciences humaines et sociales Association internationale fondée en 1919

Historique

"Par le mot Union ils affirment les sentiments de confraternité amicale, confiante, égale et libre dont ils sont animés et dont s'inspire la fédération."

Sir Eric Turner

Création

L'Union Académique Internationale (UAI) fut fondée en 1919 à l'initiative de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Les statuts définissant notamment les objectifs de l’UAI furent élaborés et adoptés au cours de deux assemblées réunies à Paris en mai et en octobre 1919. Au cours de ces assemblées, les Académies nationales de onze pays ont adhéré à l’Union (Belgique, Danemark, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Japon, Pays-Bas, Russie) ; les Académies de trois autres pays avaient également donné leur accord sans être représentées (Espagne, Norvège, Roumanie). L’Union Académique Internationale compte aujourd’hui des académies membres dans 61 pays.

L'Union Académique Internationale constitue une fédération d'Académies ou de groupes d'Académies à caractère national, ou encore d’institutions scientifiques nationales qui leur sont comparables. Elle a pour but d’accroître le progrès des études par des recherches et des publications collectives, dans l'ordre des sciences humaines et sociales cultivées par les académies et institutions scientifiques participantes : sciences philologiques, archéologiques et historiques, sciences morales et politiques.

Première Assemblée à Bruxelles

La première Assemblée générale de l’UAI s’est tenue à Bruxelles du 26 au 28 mai 1920 et Henri Pirenne y fut élu premier Président de l’Union. Le siège administratif de l'UAI fut établi à Bruxelles au Palais des Académies. L’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, qui y siège également, est en charge du Secrétariat de l’Union. Le Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique est de facto le Secrétaire général de l’UAI.

Au cours de cette première session, cinq propositions d’entreprises furent introduites, trois furent retenues : le Corpus Vasorum Antiquorum, proposé par Edmond Pottier, les Manuscrits alchimiques, dont le promoteur était Joseph Bidez, et le projet de publication des Œuvres de Grotius. L’Union Académique Internationale compte aujourd’hui 76 projets, achevés ou en cours et appelés « entreprises ».

Ouverture vers le monde

Au fil des années, les entreprises de l’UAI se sont orientées de plus en plus non seulement vers les civilisations du monde entier mais également vers les domaines plus larges de l’activité savante. L'activité scientifique de l'UAI n'a jamais été restreinte à l'étude de la seule culture européenne et au cours des ans, l'horizon scientifique de ses projets s'est considérablement élargi. Il comprend actuellement, à côté des cultures du Proche-Orient ancien et de l'Amérique précolombienne, des projets concernant l'Iran, l'Inde, la Chine, l'Asie centrale, l'Afrique noire et la région du Pacifique. L’Union Académique Internationale remplit de cette manière une importante et noble fonction: étudier, préserver et rendre accessible tous les éléments de valeur de la culture que l'humanité a créés jusqu'ici. Cette tâche s'accomplit dans un domaine infini de recherches qui reste, cependant, encore à conquérir.

Coopération internationale

L'UAI ne peut réaliser ses projets que par la coopération de ses Académies membres et c’est ce qui fait sa richesse. De ce fait, les diverses formes et possibilités de coopération sont importantes pour son développement. Une académie ou un de ses membres peut, par exemple, collaborer aux activités de l’Union par la gestion d’un projet via son centre de recherche, elle peut assumer tout ou une partie du volet financier d’un projet ou encore servir d’intermédiaire entre les responsables d’un projet et les chercheurs de son pays.

Dès 1947, l’Union Académique Internationale se lie avec une série d’organisations extérieures. Ainsi, une coopération internationale existe non seulement entre les Académies membres au sein de l'UAI, mais aussi entre l'UAI elle-même et les grandes organisations internationales telles l'UNESCO, le CIPSH (Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines), et les grandes associations internationales interdisciplinaires. L'UAI a d’ailleurs participé à la création du CIPSH en 1949. De nouveaux projets ont été adoptés à l'initiative du CIPSH et de l'UNESCO, lesquels leur allouent des subventions. Cette volonté de réunir des scientifiques d’un maximum de pays afin de collaborer à des projets de grandes échelles ne reste pas inaperçue. En 1964, l’UAI reçoit le Prix Erasme, pour avoir réussi à établir une collaboration internationale dans des projets trop vastes pour une quelconque Académie individuelle. L’Union est également membre depuis 2002 du CISS (Conseil International des Sciences Sociales), organe proche de l’UNESCO comme l’est le CIPSH. Elle a pu bénéficier également de certaines aides de la part de la FES (Fondation Européenne de la Science) à Strasbourg, dont elle suit les activités depuis de nombreuses années avec un statut d’observateur.

L’Union permet donc de créer une collaboration internationale entre les Académies, leur offrant une chance de se rencontrer et de collaborer entre elles à des entreprises à long et moyen termes et leur permettant de s’inscrire dans le grand mouvement national et international de la recherche scientifique.

*Ce texte est une mise à jour d’un texte de M. J. Harmatta, publié en décembre 1987 (M. J. Harmatta, « Introduction » in M. J. Harmatta & S.A. Wurm, Manuel de l’UAI, Bruxelles : Secrétariat administratif de l’UAI, Palais des Académies, 1987, pp. 6-9).

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